La révolution sexuelle : grand malheur ou porte sur le bonheur ?

La seconde guerre mondiale ayant pris fin, notre continent, ravagé par les bombardements successifs germano-anglo-américains, a subi une courte mais pénible période de transition ( débutant en 1945 et s’achevant laborieusement au milieu des années 1950 pour les pays les plus touchés ) durant laquelle la reconstruction des principaux édifices démolis par les obus, mais également la nécessité de se chauffer, de se nourrir, et de ramener le pain quotidien au sein du foyer, figuraient parmi les priorités de cet homme pas-tout-à-fait-moderne que fut l’Européen post-décombres des années 1940. Puis vinrent les évènements tragiques de l’Indochine, puis ceux de l’Algérie. Des millions d’hommes, séparés de leurs femmes et de leurs enfants, partis combattre pour une guerre perdue par référendum, durent revenir au pays, souvent cocus sans le savoir. Autant dire que l’époque n’était pas propice aux divertissements incessants dont sont submergées nos jeunes générations, et encore moins au sexe, omniprésent de nos jours, dont tout un chacun a le droit – pour ne pas dire le devoir – de parler, commenter, rabâcher sans relâche; au point où nous, élèves de BTS, avons le droit d’en faire un exposé sur un blog en ligne dans le but de valider notre diplôme.

Puis vinrent les années 1960. La plupart des historiens et sociologues ayant traité de la révolution sexuelle tels que Radu Clit dans  » La révolution sexuelle « originaire » : de la tentation de l’inceste à l’ascétisme  », ou encore Michel Foucault, dans  » Histoire de la sexualité  », tendent à dater les prémices de la révolution sexuelle en mai 1968, en France. L’équivalent d’un  » Big Bang originel  », d’une  » faille sismique  », ayant provoqué un séisme suivi d’un raz-de-marée engloutissant les ténèbres du vieux monde obscurantiste et puritain, le remplaçant, l’illuminant d’une éruption débridée de plaisirs baroques et incongrus; faisait du monde un baisodrome à taille nabuchodonosoresque pour mieux faire oublier l’ancien temps des nonnes et des couvents. A les lire dans le texte, la civilisation pré-soixantehuitarde était coincée, prude, chaste et mal-baisée, ce qui est éminemment réducteur, pour ne pas dire fourré de préjugés partisans. En effet, de tous temps, l’espèce humaine a toujours été très portée sur la  » chose  »; à la différence près qu’aujourd’hui tout le monde en parle mais peu la pratique – tandis que de la décadence de l’empire romain et ses orgies sanglantes à la renaissance italienne plus sodomite que la Grèce antique en passant par les Mérovingiens, déviants notoires et les Capétiens, grands amateurs de chair fraîche ( pour ne pas dire trop fraîche ) tous la pratiquaient, mais peu en parlaient ( pour des motifs évidents de morale, mais également de par la pudeur hélleno-chrétienne ayant fait office, sur notre territoire européen, de ligne de conduite régissant nos vies ainsi que d’éthique, d’art de vivre, que nous enviaient les barbares, plus de quatre millénaires durant.

C’est ici, chers lecteurs, que débute l’histoire, avec un grand H, de la révolution sexuelle.


« Jean-Paul Dupont : homme libéré »

 

Grandeur et décadence de l’empire du sexe ( ou le sexe comme grand malheur )

 

Au cours des années 1970, la femme a le choix de disposer de son corps comme elle l’entend, à ses risques et périls. A partir de 1975, grâce à la loi Simone Veil, toute femme a le droit d’avorter, si, et seulement si, le foetus est âgé de moins de douze semaines. Environ 200 000 foetus périront en moyenne chaque année . De nombreuses méthodes contraceptives apparaissent durant cette décennie : pillule contraceptive, stérilet, préservatif en latex, permettant ainsi à tout un chacun de se vautrer dans la luxure et le bonheur sans avoir à en payer le prix .

Puis vint le Sida. Surnommé le  » cancer des homosexuels  », le sida tua une bonne partie des hommes homosexuels entre 1983 et 1990. Une peur indescriptible secoua la population française hétérosexuelle lorsque celle-ci apprit par voie de presse que même les hétéros pouvaient en être atteints par voie du sang. Michel Foucault, Freddie Mercury, et tant d’autres en périrent.

1969. C’est à partir de cette date que le premier sex-shop, boutique du bonheur, ouvrit ses portes en Suède, pays pionnier en matière de féminisme et d’acceptation de toutes les sexualités – dussent-elles choquer. Mais c’est dans un pays quasi-limitrophe que le 14 septembre 1969 fut votée une loi autorisant la production, la diffusion et la distribution de toutes les formes de pornographie, y compris la zoophilie et la pédophilie. Face aux multiples abus provoqués par cette loi, fut votée au parlement danois une seconde loi interdisant la production et la vente de pornographie infantile, par des sociétés de production ayant encore pignon sur rue ( telles que Color Climax, concurrent direct de Marc Dorcel et de Playboy vidéo )

Tout au long des années 2000, l’Internet fit irruption au sein des foyers. La pornographie gratuite, disponible partout, tout le temps, sur tous les supports, fit irruption au sein des foyers européens, américains, japonais et maghrébins. Youporn, Xvideos, Xhamster rendirent fous de rage les sex-shops spécialisés dans la vente de cassette et de dvd à caractère pornographique, et obligea de nombreux réalisateurs de films x à se spécialiser dans les productions de qualité payantes par abonnement en raison de l’incessante prolifération de films coquins réalisés par monsieur et madame tout-le-monde.

Enfin, les années 2010 semblent sonner la fin de la libération sexuelle. Pénalisation des clients de prostituées; retour d’un puritanisme sexuel essentiellement dû au courant protestant-évangéliste présent sur notre territoire, mais également à l’islam qui tend à gagner du terrain auprès des jeunes; extension du domaine pénal concernant le  » harcèlement sexuel  ». Nous pouvons également citer l’accroissement de la précarité chez les pauvres ainsi que chez les classes moyennes, car, faute de moyens, nombre d’hommes ne peuvent séduire de femmes, l’utopie semble plus loin que jamais.

« Sébastien Massturbin est un homme comme un autre pourtant ça lui coûte 500 à lui »

 

 

 

 

 

 

De la révolution sexuelle comme porte sur le bonheur

Ne voyons pas que le mauvais côté des choses. La révolution sexuelle a apporté à des millions de jeunes couples la faculté de s’exalter sans avoir besoin d’attendre le mariage ( en effet, jusqu’à la fin des années 1950, la majorité des jeunes couples français se devaient d’attendre d’avoir la bague au doigt avant d’effectuer leur première pénétration vaginale. )

La contraception et l’avortement ont permis à des millions de femmes de faire l’amour sans faire d’enfant, et à des millions d’hommes d’éjaculer dans le vagin de leurs femmes sans avoir à prendre leurs jambes à leur cou pour changer de nom, de prénom et de région.

En 1981, les homosexuels âgés de plus de 18 ans peuvent, grâce à la loi Badinter, commettre l’acte de sodomie avec leurs conjoints si ceux-ci sont âgés de 15 ans et trois mois, contre 18 ans auparavant, quel bonheur.

Au cours des années 1990, une certaine forme de puritanisme anglo-saxon refit surface sans que l’on n’y prêta suffisament attention, et le sexe, la sexualité, la luxure et la dépravation furent recouverts quelques années durant d’un voile de suspicion – ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui. En 1993, l’Organisation Mondiale de la Santé retire l’homosexualité de sa liste noire des perversions sexuelles, la rendant ainsi aussi acceptable que l’aérodromophilie ( excitation sexuelle liée aux avions ), l’exobiophilie ( attirance sexuelle pour les extra-terrestres ) ou encore la teratophilie ( attirance pour les monstres humains difformes ), ces trois dernières n’étant pas sur la liste des perversions sexuelles de l’O.M.S puisque peu connues et, de toutes façons, peu dangereuses pour autrui ou pour soi-même.

Les homosexuels et les transsexuels sont toujours mal vus par une bonne partie de la population mondiale ( Afrique, Europe de l’Est, Russie, Amérique du Sud ) et se suicident toujours autant, mais sont acceptés, voire valorisés par la majorité des Européens de l’Ouest et des Américains du Nord.
Enfin, je pense qu’il serait positif de souligner le rôle bénéfique de la pornographie auprès de tout un chacun. En effet, malgré le fait que de nombreuses féministes telles qu’Elisabeth Badinter pointent du doigt l’image dégradante donnée par la femme dans cet univers cinématographique, il est toujours bon de rappeler que de nombreuses études scientifiques ont démontré que la consommation de films x tendait à réduire le risque de viols dans les grandes agglomérations ( même si une forte consommation de pornographie aurait l’effet inverse, à savoir, encourager le viol de masse. ) Même si les personnes âgées veuves et les personnes handicapées physiques sont les catégories sociologiques qui forniquent le moins, le visionnage régulier de pornographie peut les aider à développer, voire à découvrir leurs bas instincts, ce qui est un progrès social au vu du fait qu’ils en étaient jusque-là quasi-exclus.

Conclusion

La révolution sexuelle est un phénomène occidentalo-occidental, pour ne pas dire franco-français. Son règne a débuté en 1968, a subi des hauts ( contraception, avancés législatives… ) comme des bas ( viols, sida… ) et est en train de s’essouffler, tout doucement, de par l’omniprésence du sexe dans tous les domaines et tous les supports ( ce qui en induit une certaine forme de lassitude au sein de la majorité de la population occidentale ), et de par un retour certain du religieux et d’un certain ordre moral, davantage plébiscité par la jeunesse que par les baby-boomers ( qui, eux, ont profité pleinement de la révolution sexuelle, ou, tout du moins, la majorité aisée et citadine d’entre eux. )
Alors : grand malheur, ou porte sur le bonheur ? Une cohorte de séropositifs, de couples brisés par l’adultère, de violeurs lubriques et de pédophiles multi-récidivistes, créatures crées principalement ( mais pas que… ) par l’idéologie de la révolution sexuelle; tous ces malheurs, ces morts, ces enfants violés, ces femmes prostituées par leurs maris, en valaient-ils la peine contre le bonheur d’un coup d’un soir sans préservatif, une tromperie fugace d’une femme à son mari, un orgasme malsain, une partouze sous cocaïne ?

Nous vous laissons le soin d’y réfléchir.

 

HOUY Théo, CHOGNARD Thibault

Bibliographie

 

  • Eugénie Bastié. Thérèse Hargot : «La libération sexuelle a asservi les femmes». Le Figaro, 6 février 2016. Disponible sur :

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2016/02/05/31003-20160205ARTFIG00390-therese-hargot-la-liberation-sexuelle-a-asservit-les-femmes.php

  • Dominique Bourdin. La sexualité collective. De la révolution bolchevique à nos jours. Société psychanalytique de Paris, 10 septembre 2007. Disponible sur :

http://www.spp.asso.fr/wp/?publication_cdl=la-sexualite-collective-de-la-revolution-bolchevique-a-nos-jours

  • Michel Brix. Amour libre : Histoire d’une utopie. Molinari, 2008

 

  • Radu Clit. La révolution sexuelle  » originaire “ : de la tentation de l’inceste à l’ascétisme. ERES,  février 2006

 

  • Delphine Deschaux- Beaume. Les sciences sociales et les bandites féministes. Presses de Science Politique, mai 2011. Disponible sur :

https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=RFSP_615_0946&DocId=70653&hits=25273+25272+25191+25190+22238+21155+21154+21011+21010+20677+20676+20621+20620+20385+20384+19647+19646+19484+19483+19340+19339+19269+19268+18814+18813+18786+18785+18706+18705+18676+18675+

 

  • André Dupras. Une sexualité en santé et enchantée pour les personnes âgées. ERES, février 2016. Disponible sur :

https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=EMPA_102_0123&DocId=491208&hits=3818+3621+3620+3502+3501+3033+2723+2310+1194+1193+644+643+417+416+403+402+373+372+287+286+

  • Michel Foucault. Histoire de la sexualité. Gallimard, 1976

 

  • Alexandra Kollontaï. Marxisme et révolution sexuelle. 1920

 

  • Dominique Simonnet. Le sexe pendant Mai 68: « On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! ». L’express, 28 août 2016. Disponible sur :

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sexualite/le-sexe-au-fil-des-siecles-mai-68-ou-la-dictature-du-sexe_818104.html

  • Achille Weinberg. La libération sexuelle et ses lendemains. Sciences Humaines, 1 août 2002. Disponible sur :

http://www.scienceshumaines.com/la-liberation-sexuelle-et-ses-lendemains_fr_2582.html

  • Sylvain Zones. Les mouvements de révolution sexuelle. Zones Subversives, 22 août 2015. Disponible sur :

http://www.zones-subversives.com/2015/08/les-mouvements-de-revolution-sexuelle.html

4 réflexions au sujet de « La révolution sexuelle : grand malheur ou porte sur le bonheur ? »

  1. Un article certes ambiguë mais très bien composé. De bons exemples et arguments qui nous permettent de mieux cerner le sujet . A lire sans complexités

  2. Pour autant que j’ai eu des apriori en lisant les premières lignes, je me suis retrouvé très intrigué par cet article. Effectivement, les mots ont parfois la même finesse qu’un char d’assaut et on un effet digne d’une blitzkrieg sur les valeurs morales, en brandissant un drapeau avec écrit « Vérité » dessus.
    Cet article à été écrit pas un génie.

    EIFLER Evan

  3. Savant mélange entre humour et provocation, mettant de coté préjugés et pudeur mal placée, l’article est bien construit et intéressant, il m’as fait rire par les exemples mais à chaque fois par leurs véracité.

    Mention spéciale pour les illustrations faites par les auteurs du blog.

    Corrue Pierre

  4. Article avec un sujet pas commun, mais très original. Les exemples y sont évocateur.

    Benoît JULIEN