L’eau, une marque d’inégalité entre les citadins

           Aujourd’hui l’ONU a reconnu « le droit à une eau potable salubre et propre comme un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’Homme. » Pourtant, l’accès à l’eau dans les grandes villes du Sud pose aujourd’hui de nombreux problèmes notamment pour la population défavorisée.

En quoi l’accès à l’eau est-il source d’inégalité dans les villes des pays du Sud ?

Dans un premier temps nous dresserons un constat pessimiste de la situation de ces villes, puis nous parlerons de ses conséquences sur les citoyens et enfin nous exposerons les solutions potentielles pour les limiter.

L’eau potable, une ressource rare pour des besoins illimités

            Tout d’abord, dans les villes du Sud nous pouvons dresser un constat pessimiste

En effet, autrefois les villages s’implantaient au plus près des ressources en eau alors qu’aujourd’hui les villes sont au plus loin de ces ressources. Et même-ci celles-ci sont près d’une source, elle sont généralement inutilisables car celles-ci sont polluées. C’est le cas de la ville de Zinder au Niger décrit par Camille Sasset dans l’article  Hydroplus Hors-Série qui possède une station située à seulement 25 km de la ville.

De plus, la demande en eau dans les villes du Sud est toujours plus importante à cause de l’exode rural et de l’explosion démographique.  Effectivement, nous étions 1 milliard d’Hommes en 1900, 6 milliards aujourd’hui et nous estimons être à plus de 8 milliards en 2020. Cette explosion démographique est d’autant plus importante dans les pays défavorisés car leurs populations double tous les quinze ans, le constate Yves Lacoste, dans L’eau dans le monde, les batailles pour la vie.

            Nous avons donc vu que les villes ont des problèmes d’approvisionnement en eau. Nous pensons donc qu’il est important de parler maintenant des conséquences sur les citoyens de ces villes.

Des problèmes, qui engendrent le désespoir des citadins les plus pauvres

              Il est clair que ces difficultés en apport en eau causent de nombreux problèmes sur la population.

On constate dans un premier temps qu’il y a beaucoup de disparités entre les quartiers riches qui possèdent des réseaux d’adduction d’eau et les bidonvilles qui n’en possèdent pas. Cela provoque des problèmes sanitaires et culturels car les excréments ne sont plus évacués et s’accumulent. On peut citer comme exemple la ville de Marrakech, au Maroc qui possède des golfs qui consomment 33 000 mètres cube d’eau par jour soit l’équivalent d’une ville de 50 000 habitants alors que certains Marocains sont obligés de prendre de l’eau dans les fontaines car ils ne sont pas raccordé ou ne peuvent pas payer le prix de l’eau. Nous l’indique la vidéo d’Urban-Alternative, La Yauma un fleuve sacrément pollué.

Les inégalités à Rio, issu de l’article Ofam International

On voit aussi que l’eau est plus chère, 4 à 5 fois en moyenne, dans les zones sans adduction d’eau. En effet, une mafia et des marchands sales s’installent pour profiter de la misère des autres, en vendant l’eau plus cher à ceux qui ne la reçoivent pas, aux « oubliés ». Comme à Lima où le mètre cube d’eau au robinet revient à 0,15 dollar et à 3 dollars payés au marchand, nous le raconte Yves Lacoste.

Il est aussi important de parler que dans les villes du Sud, certains citoyens ont un accès à l’eau mais celle-ci est insalubre. C’est le cas à Shanghai où 85,6% des eaux distribuées ne sont pas potables, en témoigne l’ouvrage L’eau dans le monde les batailles pour la vie et à Marrakech où le bétail et les habitants ont été infectés par des eaux usées, en parle la vidéo d’Urban-Alternative citée ci-dessus. Marie Diaw, habitante de Dakar, nous dresse un triste constat « nous avons tous les problèmes du monde. L’électricité, la pénurie d’eau, l’eau stagnante. Des fois nous allons chercher de l’eau, mais on est obligé de passer toute une journée là-bas parce que toute la cité va dans le même endroit. Il y a une très longue file pour avoir une bouteille, des fois deux, et ça ne suffit pas pour toute la famille. Alors du coup, on boit l’eau des forages à côté. On sait que c’est de l’eau sale, qu’il ne faut pas la boire, mais on met un peu d’eau de javel et on boit quand même. On a pas vraiment le choix », dans l’article de Radio France International  de Carine Frenk.

            Nous avons réalisé un triste constat de la situation des citoyens des villes du Sud en matière de fourniture en eau potable. Cependant pour ne pas perdre espoir, nous pouvons annoncer qu’il existe aussi  des solutions potentielles.

Une situation catastrophique, mais pas irrémédiable

            Il est certain qu’aujourd’hui cette situation ne peut plus durer c’est pourquoi, il est temps de parler des solutions potentielles.

Tout d’abord, il faudrait que les citoyens de ces villes se révoltent afin de se faire entendre par leur gouvernement. Ce qu’ont fait les enfants de Zinder quand ils ont du marcher pendant 5 km pour aller chercher de l’eau potable en période de soudure, nous raconte l’article de Carine Frenk. On estime que quand le prix de l’eau est supérieur à 3% du budget, il y a des protestations. Or à Marrakech on estime que pour un foyer défavorisé de 5 personnes, le prix moyen de l’eau est de 30 à 70€ pour un salaire de 200€ soit 35% du budget, d’après la vidéo d’Urban-Alternative.

Par là ensuite il faudrait penser à économiser les eaux. C’est par exemple de ce que fait la Régie Autonome de Distribution d’Eau et d’Électricité à Marrakech (RADEEMA) en voulant réutiliser les eaux usées pour les golfs. Ou bien en augment les rendements techniques car à Jeddah, le rendement technique de la distribution des eaux n’est que de 60% comme nous raconte le magazine Hydroplus.

Enfin, on peut aussi utiliser les entreprises privées comme à Zinder où le Chinois CRCC à créé une station et à Jeddah où Suez s’est installé, nous en parle les articles Pénurie chronique à Zinder et Premier bilan pour Suez Environnement à Jeddah.

                Nous pouvons donc conclure que l’accès à l’eau dans les villes des pays du Sud n’est pas égal pour chaque citoyen. En effet, on voit qu’elle créée des inégalités économiques, sanitaires et surtout quantitatives et qualitatives. Mais des solutions commencent à être mise en place.

Les villes des pays du Sud arriveront-elles à satisfaire leurs besoins en eau équitablement ?

Coralie François et Camille Kern

Bibliographie

Cygler Clément. Premier bilan pour Suez Environnement à Jeddah. Hydroplus, Hors-série, mai 2009, n°05, p.8.

Delabracherie Florian. L’inévitable marchandisation de l’eau. Revue du commerce internationnal septembre 2009, [consulté le 6/12/13]. Disponibilité et accès sur : http://revue-du-commerce-international.info/fr/dossiers/inevitable-marchandisation-eau.

 

Efam Dovi, De l’eau pour les plus pauvres [en ligne]. Afrique Renouveaux, octobre 2007 [consulté le 6/12/2013]. Disponibilité et accès sur : http://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/october-2007/de-l%E2%80%99eau-pour-les-plus-pauvres.

 

Frenk Carine. Le manque d’eau potable fait monter la colère à Dakar[en ligne]. RFI, 28 septembre 2013 modifié le 29 septembre 2013, [consulté le 6/12/13]. Disponibilité et accès sur : http://www.rfi.fr/afrique/20130928-le-manque-eau-potable-fait-monter-colere-dakar.

 

Hamdam Soraya. Au Liban, le grand gâchis de l’eau. Courrier International, 3 janvier 2013, n°1157, p 37.

 

Lacoste Yves. L’eau dans le monde, les batailles pour la vie. Petite encyclopédie Larousse, 2006. 127p.

 

Oxam International, photographie des inégalités à Rio, avril 2013, [consulté le 8 décembre 2013]. Disponibilité et accès sur : http://www.oxfam.org/fr/cultivons/pressroom/pressrelease/2013-04-17/banque-mondiale-mesures-concretes-contre-inegalites

 

Urban-Alternative.Au fil de l’eau à Marrakech [en ligne], Dailymotion, 2013 [consulté le 8 décembre 2013]. Disponible sur : http://www.dailymotion.com/video/xvicb8_wcw01-along-marrakchi-water_news?search_algo=2.

 

Urban-Alternative.La Yamuna un fleuve sacrément pollué [en ligne], Dailymotion, 2013 [consulté le 8 décembre 2013]. Disponible sur : http://www.dailymotion.com/video/xyfyv9_evm03-la-yamuna-un-fleuve-sacrement-pollue_news?search_algo=2

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4 réponses à L’eau, une marque d’inégalité entre les citadins

  1. Denjean dit :

    C’est un article intéressant et bien écrit. Je pense que c’est une bonne illustration du fossé entre les riches et les pauvres. C’est une bonne chose d’en parlé car l’eau étant la base de la vie l’usage qu’on en fait est un véritable problème.

  2. BARTHOULOT Aurélie dit :

    Je trouve cet article très intéressant. Peu de personnes se soucient des ressources en eau des quartiers pauvres alors que celles ci sont très importantes. Je trouve ça bien de l’exposer afin que ceux qui ne s’en rende pas compte puisse enfin en prendre conscience.

  3. SALVI Tiphaine dit :

    Environ 1,5 milliard d’hommes n’ont pas accès à l’eau potable aujourd’hui ; la croissance de la population prévoit 8 milliards d’habitants d’ici 2030, ce qui augmenterait les besoins en eau potable de 650 %. Sachant que l’eau n’est pas une ressource inépuisable, et qu’une vingtaine de pays vivent déjà sous un seuil de grave pénurie d’eau, notamment au Moyen-Orient et en Afrique ; peut-on envisager des solutions ?

  4. Noémie Cucuel dit :

    Je trouve cet article pertinent, l’accès a l’eau est trop important pour qu’on laisse ce sujet de côté. Pourtant, l’accès à l’eau est, dans nos pays développés, indissociable de la vie quotidienne. Alors pourquoi ne pas sensibiliser encore plus la population à la protection de cet or bleu ? Si l’eau est si précieuse, comme on peut nous le faire comprendre avec les usines de dessalement de l’eau de mer, pourquoi ne pas imposer à tous de la protéger ? Y compris pour les industries et les acteurs de l’agriculture.

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