Covid19: l’essor des circuits-courts s’est montré être une réelle solution aux dérives de la société de consommation

En quoi l’essor des circuits courts depuis le début de la crise Covid s’est révélé une réelle solution aux dérives de la société de consommation en France ?

Tout d’abord, commençons par rappeler la définition du circuit-court: selon le ministère de l’Agriculture, un circuit court est un mode de vente avec au maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Cet intermédiaire peut être un supermarché, un boucher, un boulanger, une plateforme de commande par internet… Dans la pratique, les circuits courts prennent en compte une notion de proximité géographique, à l’intérieur d’une région, d’un territoire. Il existe des formes traditionnelles : vente à la ferme, vente sur les marchés . Et des formes plus récentes : les Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (Amap), les commandes par internet, les magasins de producteurs, les drives fermiers… Ainsi on peut se demander comment l’augmentation du recours à cette pratique de consommation en période de crise peut-elle constituer une réelle solution aux dérives de la société de consommation en France ?

Une consommation via les circuits-courts en pleine explosion depuis le début de la crise sanitaire

Les circuits-courts de commercialisation de produits alimentaires font leur grand retour en France depuis une quinzaine d’années. La vente directe par le producteur et l’approvisionnement local des artisans et petits commerces, pourtant millénaires, avaient en effet quasiment disparu au profit des supermarchés. Cependant les crises alimentaires (en particulier celle de la « vache folle ») et l’augmentation de la méfiance des consommateurs envers les industriels de l’agroalimentaire a conduit à changer nos habitudes alimentaires depuis quelques temps, en effet les consommateurs sont de plus en plus nombreux à vouloir savoir d’où viennent leurs aliments et comment ils ont été produits. (d’après le livre Et si on mangeait local ?)

Toutefois, depuis 2 ans en France, les pratiques de circuits-courts ont explosé. En effet, la crise du covid-19 et les nombreux confinements ont renforcé le besoin d’échange, ainsi la vente directe s’est avérée être une solution pour retrouver le contact humain avec le producteur. Certains producteurs ont d’ailleurs mis en place la livraison à domicile pour les particuliers, notamment pour les personnes âgées à qui ça a réellement facilité la vie.

De ce fait, la livraison à domicile et l’émergence de nouveaux points de vente de producteurs ont permis à la fois de limiter les déplacements en voiture, de limiter les risques sanitaires par une plus faible confrontation à d’éventuelles sources de contamination, mais aussi de remettre du sens dans notre consommation en soutenant les producteurs locaux, qui peuvent eux aussi faire face à des difficultés en cette période difficile (fermeture des marchés, couvre feu, etc). (voir article Profession fromager)

D’après un rapport de recherche sur l’étude de  la consommation ( voir sur le site Accenture) : les préoccupations desAfficher l’image source consommateurs en 2020 sont d’avantages dirigées vers des achats plus sains, plus durables et seulement auprès de marques connues et de confiance.

Un article wedemain recueille les témoignages  de coopératives de producteurs sur la hausse de leur activité durant la crise: Natacha Gan, responsable communication et développement chez Kelbongoo, explique « On a vraiment eu une très grosse augmentation du nombre de commandes », et « nos commandes ont augmenté de 30 à 40 % ».Le réseau « La Ruche qui dit oui »  remarque aussi l’engouement des consommateurs, ils ont enregistré une hausse de 70% de leur chiffre d’affaires.

Ainsi cette crise sanitaire a permis une prise de conscience chez les consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à vouloir soutenir leur économie locale.

Un regain d’activité pour l’économie locale

La crise sanitaire qui nous a frappé en 2020 a évidemment permis aux consommateurs de s’approvisionner facilement avec des produits frais à proximité de chez eux, mais ça a également été un vrai coup de pouce pour les producteurs qui ont vu la demande exploser !

Comme en Ile-de-France, les maraîchers ont vu leurs demandes multiplier par 10 d’après les observations de Yuna Chiffoleau, sociologue à l’INRAE. (voir article France 3)

D’après l’article Réussir fruits et légumes, l’observatoire de la consommation responsable explique que pour 47% des français, consommer responsable : « c’est d’abord adopter une stratégie de réorientation vers le local et les circuits courts ».

Ensuite d’après la journaliste Dalila Bouaziz dans l’article Ecommerce mag : « en 2020, 64% des consommateurs français ont consommé des produits issus des circuits courts (au moins une fois par mois) ». Elle ajoute que ceux-ci n’ont jamais été autant plébiscités par les consommateurs, que ce soit par les points de ventes physiques (à la ferme, en magasin de producteurs, chez les artisans, sur les marchés), ou bien par la commande en ligne avec la livraison à domicile.

De cette façon, face à la demande grandissante, les producteurs ont mis l’accent sur le développement de différentes formules de vente telles que le drive ou le « click and collect » qui sont devenus de réels atouts pour augmenter leur chiffre d’affaires. (voir article Profession fromager)

Ainsi, des plateformes en ligne ont par exemple été crées pour permettre aux consommateurs de faire leurs courses en ligne facilement chez leurs producteurs locaux: c’est une véritable action de soutien mise en place pour revaloriser la production territoriale. (voir article du journal la terre de chez nous)

Les circuits courts relancent l’économie locale, mais ne permettraient-ils pas par la même occasion, de façon indirecte, de mettre un frein à ces tendances de surconsommation influencées par la société ?

De nouvelles habitudes de consommation qui freinent les tendances de la société consumériste.

Avec la crise sanitaire, on note une tendance à un certain replis sur soi, notamment du point de vue économique. La perte de confiance dans les grandes marques alimentaires, la quête de sens dans nos achats alimentaires, le regain d’intérêt pour le commerce de proximité, les Français n’ont jamais eu autant d’appétit pour les produits locaux et régionaux. Le chef Eric Guérin explique qu’il « substitue des ingrédients lointains par des produits locaux » et que de cette façon, des partenariats de confiance sont mis en place » avec les producteurs. (voir article Réussir fruits et légumes)

Consommer local permet donc aux consommateurs d’avoir des produits frais, de meilleure qualité, de saison, dont on connaît l’origine et qui respectent des savoirs faire locaux. Et en contre partie, cela implique de consommer en moins grande quantité. Cela s’avère finalement être une solution à la pollution, en effet les aliments parcourent moins de kilomètres avant d’arriver dans nos assiettes, mais aussi une solution aux dérives de notre société actuelle qui nous pousse à consommer toujours plus.

Ces dernières années, la croissance des circuits alternatifs aux grandes et moyennes surfaces est en effet un signal fort des nouveaux modes de consommation, on voit que la consommation en grande surface recule, tandis qu’elle augmente pour d’autres pratiques de consommation plus respectueuses de l’environnement. (Voir sur Relation clients mag)

Conclusion

Pour conclure, la crise du covid-19 a été un véritable « boost » pour les pratiques de circuits-courts en France qui commençaient doucement à s’installer depuis quelques années. Ce regain d’intérêt pour, en particulier, le commerce de proximité causé à l’origine par un besoin d’échange, par soucis de praticité ou par mesure sanitaire, a permis de soulever des problématiques telles que le maintien de la production locale ou le respect de l’environnement. Ainsi cette prise de conscience chez de nombreux consommateurs permettra peut-être de changer cette tendance à la surconsommation, car il est sans nul doute que même après la crise, les habitudes de consommation ne seront plus les mêmes qu’auparavant.

WEY Amélie

AEBISCHER Mylène

Bibliographie:

 

 

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Un autre regard sur la viande

Un autre regard sur la viande

De plus en plus en France, on entend dans les discussions ou on peut voir sur les blogs que nous mangeons trop de viande et qu’il faut se mettre de toute urgence au végétal sans transition. Mais au fond cela est-il vraiment conseillé ? Aujourd’hui nous allons donc essayer de répondre à cette question :

En quoi la consommation de viande en Europe engendre-t-elle des conséquences multiples dans les pays producteurs ?

Partout l’on entend des affirmations folles sur la viande, « il faut 15 000 litres d’eau pour produire 1 kg de viande » ou encore « L’élevage pollue plus que le secteur des transports » mais au fond d’où sortent ces chiffres ? 

Ne faut-il pas les remettre en compte ?

Nous allons voir cela ensemble.

Tout d’abord, il faut comparer ce qui est comparable, il existe une grande variété de systèmes d’élevage qu’on ne peut pas tout mettre dans le même sac. Par exemple, si on parle de “boeuf” on ne peut pas comparer un boeuf boucher élevé à l’herbe et un taurillon américain élevé en feed-lots.

De plus, quand on parle de sujets sensibles comme celui-ci, il est important de savoir par quelle méthode et dans quel condition ont été calculés les chiffres que l’on avance.

Observons quelque exemple :

-La consommation d’eau dans l’élevage :

Réalisation Matthieu Nivesse (d'après OIEau), 2018

© Agence française pour la biodiversité

Alors d’où viennent ces 15 500 L d’eau pour 1kg de viande de bœuf ? En fait, ils sont obtenus par la méthode de “Water Footprint”, méthode qui englobe l’eau bleue (eau réellement consommée par l’animal), l’eau grise (eau utilisée pour dépolluer les effluents) et l’eau verte (eau de pluie).

Or cette méthode a été créée pour les sites industriels et ne prend pas en compte le cycle biologique, de ce fait si on retire l’eau verte qui est en fait captée par le sol et utilisée par les plantes lors de l’évapotranspiration, on perd 95% de notre empreinte eau, ce qui nous mène entre 550 et 700 litres d’eau pour 1kg de viande. Et pour aller plus loin, si on écoute GAC Armelle et BECHU Thomas de l’Institut de l’Elevage (Inrae), l’empreinte eau consommable du lait et de la viande bovine en France chute entre 20 et 50 L/kg, tout est question du recyclage des effluents, si les fumures riches en minéraux sont utilisées à bonne escient on peut supprimer une grande partie des eaux grises nécessaires à la production animale.

-Les gaz à effet de serre

Ensuite pour ce qui est des GES produit par l’élevage : “Les élevages émettent plus de GES que les voitures », évidemment cela est faux, mais pourquoi ?

Répartition sectorielle des émissions de gaz à effet de serre en France en 2019

Citepa, Inventaire format Secten 2020

Toujours une question de méthode de calcul ! En fait, si on regarde le rapport Secten, publié tous les ans par la CITEPA sur le site de la république française, on remarque que le 1er secteur d’émission est le secteur des transports avec 32% des émissions en CO2 éq. 

Répartition des gaz à effet de serre issus des secteurs de l’agriculture et de la sylviculture en 2019

Citepa, Inventaire format Secten 2020

L’agriculture se place quand même en 2ème position avec 19% des émissions. 

Seulement parmi ces 19%, 42% viennent de l’évaporation des engrais azotés minéraux, évaporation qui est considérablement amoindri lors de l’épandage raisonné d’engrais organiques d’origine animale.

Graphiques emprunté à la publication du Ministère de la Transition écologique

-La compétition Feed/Food

-Enfin un dernier préjugé : “ Il vaudrait mieux cultiver des végétaux directement consommables par l’homme plutôt que de nourrir des ruminants”

En fait, la majorité des terrains utilisés pour l’alimentation des ruminants sont non cultivables ou difficilement. De nombreuses études menées par l’Inrae ont prouvé les bénéfices environnementaux des STH (surface toujours en herbe). En effet, elles hébergent une biodiversité plus importante que les sols de culture et leurs sols sont plus riches en biomasse microbienne, de plus elles filtrent mieux l’eau, sont considérablement moins sensibles à l’érosion et stockent plus de CO2 ce qui compense pour la moitié des émissions de CH4 des ruminants. De récentes études menées par Mathieu VIGNE et son équipe du CIRAD sur les prairies en zones d’élevage subtropical, ont rendu des résultats très encourageants face au dessèchement des sols en Afrique.

Par contre pour évoquer une nouvelle inquiétude européen, les culture produite pour alimenter les méthaniseur qui crée un nouveau type de compétition : Feed/Food/Fuel…. malheureusement je n’ai aucun chiffre à ce sujet.

-Faut-il supprimer l’élevage

Après tout cela doit-on supprimer l’élevage pour réduire le gaspillage des ressources et la compétition des surfaces pour l’alimentation humaine ?

Infographie de Véronique GAVALDA (Inrae)

Encore une fois, c’est au total 86% de l’alimentation animale qui n’est pas consommable par l’homme. En effet, plus de 70% de la ration des ruminants est composée de fourrages (herbe, foin, ensilage, enrubannage) non consommables par l’homme. De plus, les aliments concentrés utilisés pour les monogastriques (porcs, volailles) et les herbivores valorisent les résidus de cultures et les sous-produits des filières végétales destinées à l’alimentation humaine (tourteaux, sons, drèches, etc).

Ainsi, certains types d’élevage, comme les ruminants à l’herbe ou les élevages qui utilisent beaucoup de coproduits de l’agriculture, sont producteurs nets de protéines. C’est-à-dire qu’ils produisent plus de protéines (d’origine animale) consommables par l’homme qu’ils n’utilisent de protéines végétales consommables par l’homme pour nourrir les animaux. Pour avoir une explication plus complète vous pouvez lire la revue : Inrae Productions Animales, sur l’efficience nette de conversion des aliments par les animaux d’élevage.

Pour conclure ce sujet nous rappellerons que la consommation excessive de viande, spécialement la rouge et la transformée, peut favoriser, par exemple, la survenue de maladies cardiovasculaires. A l’opposé, la non consommation de produit animal peut très vite créer de graves carences en acides aminés et micronutriments. Du côté des émissions de GES, au niveau mondial, l’agriculture se rend coupable de 7% des émissions dues aux activités humaines, chiffre qui peut tout à fait être amélioré grâce à des technologies telles que la méthanisation ou la gestion mieux raisonner des intrants (tant organiques que chimiques). Toujours au niveau mondial, les terres agricoles représentent 38 % des surfaces émergées non gelées, 50 % de ces terres sont utilisées pour l’alimentation du bétail, dont 80 % n’est pas cultivée (prairies, montagnes, steppes, savanes par exemple) et ces grands territoires présentent d’immenses avantages environnementaux. Finalement à l’échelle mondiale, l’élevage contribue à faire vivre 800 millions de personnes pauvres dans les pays du Sud. Il contribue à la sécurité alimentaire mondiale en valorisant des surfaces qui ne sont pas cultivables. La suppression de l’élevage entraînerait un accroissement de la pauvreté, une augmentation de l’insécurité alimentaire et une recrudescence de la sous-nutrition et des maladies de carences alimentaires.

Après avoir dit tout cela, je pense que chacun est propre garant de sa santé et de son opinion. D’après moi, tant dans la production que dans la consommation, tout est une question de rationalisation, quelque soit la direction choisie l’excès est rarement une bonne solution.

Au fond la solution ne serait-elle pas de manger local ?

Je ne répondrai pas à cette question car c’est un autre débat mais je vous remercie de m’avoir lu et j’espère que ce sujet vous aura apporté un point de vue nouveau sur ce grand débat qu’est l’alimentation.

Blaise MOREAU

Bibliographie :

-Nicole LADET (RÉDACTRICE), Bertrand DUMONT (PILOTE SCIENTIFIQUE), Pierre DUPRAZ (PILOTE SCIENTIFIQUE), Catherine DONNARS (PILOTE DEPE). Rôles, impacts et services issus des élevages européens. Article SOCIÉTÉ ET TERRITOIRES de l’Inrae, 30 novembre 2016. 

-GAC Armelle , BECHU Thomas (Institut de l’Elevage). L’empreinte eau consommative du lait et de la viande bovine et ovine : premiers repères sur des systèmes français. Rencontres Recherches Ruminants. Étude commandité par le CNIEL et l’INTERBEV, 2014. 

-Fiches thématiques (Ministère de la Transition écologique). Les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture.  Défis environnementaux. Mise à jour le 12 février 2021. -Anne Mottet, Cees de Haan, Alessandra Falcucci, Giuseppe Tempio, Carolyn Opio, Pierre Gerber, On our plates or eating at our table? A new analysis of the feed/food debate. Global Food Security Volume 14, September 2017.

-Sarah LAISSE, René BAUMONT, Léonie DUSART, Didier GAUDRÉ, Benoit ROUILLÉ, Marc BENOIT, Patrick VEYSSET, Didier RÉMOND, Jean-Louis PEYRAUD. L’efficience nette de conversion des aliments par les animaux d’élevage : une nouvelle approche pour évaluer la contribution de l’élevage à l’alimentation humaine. Dossier : Ressources alimentaires pour les animaux d’élevage, INRAE Productions Animales. Publié : 18 janvier 2019

-Vigne Mathieu, Blanfort Vincent, Vayssières Jonathan, Lecomte Philippe, Steinmetz Philippe. Contraintes sur l’élevage dans les pays du Sud: les ruminants entre adaptation et atténuation. Changement climatique et agriculture du monde. (Agricultures et défis du monde) 2015. 

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L’alimentation locale ; un avenir?

En France, à cause de la concentration de la population en ville, les terres agricoles en périphérie ne suffisaient plus à nourrir la population et les nombreux intermédiaires entre le producteur et le consommateur, dus à la mondialisation, ont créé une distanciation. Cette distanciation du consommateur avec le produit et le producteur a alors engendré une perte de confiance et un besoin de proximité, tant avec le produit qu’avec les producteurs. C’est pour cela que depuis peu de temps, la demande d’aliments locaux explose, il y a de plus en plus de personnes qui souhaiteraient avoir accès à une alimentation locale et durable. Effectivement, d’après La Correspondance de la Publicité, 73% des consommateurs français ont modifié leurs habitudes alimentaires depuis 2018, et 53% se sont tournés vers les produits alimentaires de saison et locaux.

En effet, l’alimentation locale plaît de plus en plus car elle offre la possibilité au consommateur d’avoir des denrées de qualité et respectueuses de l’environnement. Ce qui aide les producteurs locaux, et valorise les petites exploitations, et les produits de saison et régionaux.  Une alimentation locale est donc une alimentation plus durable. Le retour à une alimentation locale permet, par ailleurs, de favoriser les circuits courts en redonnant une proximité avec le producteur et aide à redonner de la valeur aux terres agricoles.

De plus, la crise sanitaire et le changement climatique ont encore plus fait ressentir ce besoin. En effet, la pollution causée par les importations et exportations en France, pousse les consommateurs à changer d’habitude pour se tourner vers quelque chose de plus éthique, tel que consommer des aliments produits près de chez eux. La crise sanitaire, quant à elle, a montré le besoin d’avoir des producteurs locaux en cas de problèmes d’importation.

La demande élevée en produits alimentaires locaux pose donc un problème, il n’y a pas assez de production pour satisfaire les consommateurs.

Un accès pour tous

La plus grande nécessité des produits alimentaires locaux est qu’ils ne doivent pas être exclusifs, mais accessibles à tous.

C’est pour cela que de nombreuses villes tentent de passer au local en cultivant uniquement les terres agricoles en périphérie dans le but de nourrir leur population, comme Montpellier qui a le projet de devenir autonome d’ici 50 ans. De plus, certains restaurants font le choix de passer au local et de s’approvisionner uniquement en produits régionaux et locaux. Et il y a même des applications de commandes pour les produits locaux, permettant un accès sans limite géographique.

Mais pour que les produits locaux soient à portée de main de tous, il faut surtout que les prix soient abordables et que les produits soient également disponibles partout.

Pour accompagner la transition au local, des aides sont mises en œuvre tel que le plan France Relance accompagnant les projets alimentaires territoriaux (PAT), l’Etat a lui aussi mis en place des aides pour soutenir la conversion vers une alimentation locale. Comme pour les projets alimentaires du Centre Val de Loire, où l’Etat a versé 4,25 millions d’euros pour 2020-2021. De plus, il y aussi de nombreux autres projets qui sont déployés en France.

Les Projets en France

Des projets voient le jour pour faciliter l’accès à l’alimentation locale comme la mise en place de PAT (Projets Alimentaires Territoriaux), de conteneurs, d’AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), la valorisation de l’agriculture locale, des consommations saisonnières, une moindre utilisation de pesticides, le développement des circuits-courts et la promotion des petits exploitant agricoles (plus précisément l’agriculture familiale). Ces projets émergent principalement dans les pays développés et petit à petit dans les pays en voie de développement.

Les AMAP

Source : Vous avez un projet d’AMAP? Vous souhaitez intégrer une AMAP? Le serpolet soutien votre projet | Le serpolet – CIVAM Bio

Le principe d’une AMAP est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s’engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance, c’est la vente directe entre le producteur et le consommateur.

Les PAT

Les PAT ont pour objectif de relocaliser l’agriculture et l’alimentation dans les territoires en soutenant l’installation d’agriculteurs, les circuits courts ou les produits locaux dans les cantines scolaires.

Villes autonomes

Les villes, à cause du phénomène de la mondialisation, n’étaient plus autonomes en terme d’alimentation. Mais aujourd’hui, elles le redeviennent de par l’émergence d’initiatives comme de tisser des liens avec l’agriculture de proximité.

Agricool

Les villes mettent également en place des conteneurs pour réinventer l’alimentation locale, c’est le pari Agricool. Il s’agit de cultiver des fruits et légumes dans des conteneurs (sans utiliser de produits chimiques et en consommant moins d’eau) pour ensuite les vendre dans des points de ventes aux alentours, uniquement dans des grandes surfaces pour les rendre accessibles à tous.

Les freins à l’accessibilité

Bien que de nombreux projets pour faciliter l’accès à une alimentation locale en France soient en place, il y a d’autres problèmes qui limitent cet accès.

Tout d’abord, le local a un coût, ce qui limite certains consommateurs, et va uniquement permettre aux classes moyennes et supérieures de consommer local.

Seulement ce coût est lié à la production. En effet, il est nécessaire de relocaliser les terres agricoles, ce qui obligent certaines régions à diminuer ou abandonner leur spécialisation, qui leur donnait un avantage, pour pouvoir exploiter d’autres ressources essentielles à l’alimentation. Etant donné qu’il y a des régions qui sont moins aptes que d’autres à produire certaines denrées alimentaires, elles vont donc avoir des frais de production plus élevés.

Néanmoins, des complications viennent lorsque l’on parle de consommation locale. Certes, bien que le principe soit de se nourrir d’aliments venant de près de chez nous, il nécessite tout de même de faire de plus grande distance pour en trouver. En effet, il implique parfois de se déplacer plus loin que les supermarchés pour trouver des aliments locaux même si ceux-ci proposent des rayons qui en sont uniquement composés. Mais cela reste encore très différent qu’aller directement à la ferme ou dans  un magasin de producteurs. De plus, il est nécessaire de prévoir ses achats à long terme, car le local implique souvent des produits de saison auxquels on peut donc ne pas avoir accès tout le temps.

La crise sanitaire du Covid-19 a causé d’innombrables problèmes sur les marchés alimentaires, créant alors un souci d’accessibilité aux produits alimentaires mondiaux. Ce qui a eu pour conséquence, de pousser les français à se tourner vers une alimentation locale, qui redonne confiance aux consommateurs.

En conclusion

L’alimentation pourrait alors devenir un avenir pour la France, qui permettrait à chacun de consommer autrement, c’est-à-dire plus responsable et plus durable. Mais pour ce faire, il faudrait que l’Etat mette en place plus d’aides et que les projets comme les Amap et les PAT continuent à se développer, afin de favoriser une alimentation locale plus abordable au niveau des prix mais aussi sur le plan géographique. Ce qui rendrait alors le local accessible à un plus grand nombre de Français et permettrait de le faire passer à la norme et donc de faire adopter à chacun une alimentation plus durable, transparente et respectueuse de l’environnement.

Bibliographie

A. de C. Un secteur porteur mais peu accessible. Le Monde, 20/03/2011, [consulté le 07/12/2021].

DAVET Lisa. Des fruits et légumes vraiment de saison. Aujourd’hui en France, 23/06/2021, [consulté le 07/12/2021].

DEPREZ Flavie, FOURDINIER Guillaume. Guillaume Fourdinier, Agricool : « Le local doit passer de la niche à la norme, il ne doit plus être exclusif ». Carenews [en ligne], 17/11/2021. [consulté 07/12/2021]. Disponible sur :
https://www.carenews.com/carenews-pro/news/guillaume-fourdinier-agricool-le-local-doit-passer-de-la-niche-a-la-norme-il-ne

GERARD Mathilde. Une grave crise alimentaire menace le monde. Le Monde, 13/06/2020, [consulté le 07/12/2021].

LATOUR Karen. Les villes à la reconquête de leur autonomie alimentaire. La Tribune, 20/10/2017, [consulté le 07/12/2021].

LE BOLZER Julie. Un mouvement global pour l’alimentation locale a commencé. Les Echos, 21/02/2020, [consulté le 07/12/2021].

MIGUET Laurent. Sobriété foncière (5/5) : Terres en villes suit la piste nourricière. Le Moniteur [en ligne], 19/11/2021. [consulté 07/12/2021]. Disponible sur :
https://www.lemoniteur.fr/article/sobriete-fonciere-5-5-terres-en-villes-suit-la-piste-nourriciere.2176312

PEIFFER Valérie. Nicolas Bricas : « Tout relocaliser se traduirait par une hausse des prix ». Le Point.fr, 8/11/21. [consulté 07/12/2021]. Disponible sur :
https://www.lepoint.fr/villes/nicolas-bricas-tout-relocaliser-se-traduirait-par-une-hausse-des-prix-08-11-2021-2451124_27.php

RICHARD Éric. Des moyens accrus de l’État pour une meilleure alimentation. La Nouvelle République du Centre-Ouest, 28/10/2021, Indre et Loire, pp.6.

(pas d’auteur). Les consommateurs ont accéléré leur changement d’habitudes alimentaires au profit d’une alimentation plus locale et saine. La correspondance de la publicité, 26/10/2020.

PERNOT Julie

RENAUX Dharma

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La voiture électrique : Une solution d’avenir ?

Aujourd’hui et pour demain la réduction de nos diverses pollutions est un défi majeur qu’il faut réussir pour les générations futures, mais aussi pour la planète et son environnement. Nos transports sont une source de pollution en tout genre alors la question se pose… 

source : Pixabay
IsmaelMarder
16/01/2019

Les transports sont responsables de 30% de nos émissions de gaz à effet de serre, réduire ces émissions et donc un sujet d’actualité qui est d’une grande importance. l’Union européenne à fixer des objectifs pour réussir à réduire ses émissions, tels que la réduction de 55% de son CO2 émis d’ici 2030. Un autre objectif est d’interdire la vente des voitures thermiques neuves en 2035. Néanmoins les voitures électriques sont encore très peu utilisées, seul 3% du parc automobile français est électrique, alors on a du mal à  imaginer un tel développement de l’utilisation de ces voitures pour l’avenir. 

Une grande question se pose : faut-il développer le secteur de la voiture électrique ? 

Pour y répondre nous aborderons d’abord les impacts possibles pour l’environnement puis nous parlerons de ce que les français pensent vis à vis du sujet de la voiture électrique.

 

Quels impacts pour l’environnement

Lorsqu’on parle de la voiture électrique on se demande quels sont ses impacts sur l’environnement? sont-ils positifs ou négatifs ? Nous allons rendre compte de l’avis de différentes personnes qui se sont penchées sur le sujet.

En premier lieu nous parlerons de la production de ces voitures, ensuite nous aborderons  la problématique de l’énergie utilisée pour leur fonctionnement, puis nous parlerons de son utilisation et enfin nous nous pencherons sur le recyclage lié aux batteries.

La production des voitures 

Selon Le Réveilleur, la conception des voitures électriques est très polluante, en comparaison avec les voitures thermiques, La voiture électrique et 2 fois plus émettrice de CO2 lors de sa production. Il y a plusieurs causes à cela, la voiture électrique nécessite l’utilisation de métaux rares. Les métaux doivent être extraits, raffinés et leur acheminement sur les zones de production de voiture est une source de pollution qui n’est pas négligeables de plus la voiture électrique comparée à son homologue thermique possède une importante batterie qui et en partie responsable de cette hausse de CO2 produit .En plus de la production de CO2, la production des voitures électriques provoque une acidification des sols, de l’eutrophisation de l’eau et l’épuisement des ressources minières. Malgré sa production plus polluante la voiture électrique émet moins de CO2 lors de son utilisation, une voiture électrique aura « remboursée » cette production plus lourde en CO2 à partir de 25 000 kilomètres effectués en Europe, cette conclusion a été déduite par Le Réveilleur qui a utilisé les chiffres de l’ADEME pour ses calculs.

L’énergie utilisée pour son fonctionnement 

source : ADEME

La voiture électrique nécessite de grande quantité d’énergie électrique pour son fonctionnement, et selon Le Réveilleur la manière dont est produite cette électricité influe beaucoup sur la pollution émise par la voiture électrique, dans le dernier paragraphe nous avons dit que la voiture électrique était moins polluante que la voiture thermique lors de son utilisation or ce constat n’est pas vrai dans tous les pays, l’électricité n’est pas produite de la même manière dans les différents pays de l’Europe. La Pologne, par exemple, possède une production d’électricité qui provient majoritairement du charbon qui est un moyen de production très carboné, c’est-à-dire qu’il produit beaucoup de CO2. Utiliser une voiture électrique en Pologne n’est pas du tout écologique, au contraire cela engendre plus de pollution que d’utiliser des voitures thermiques. Pour l’ Allemagne, qui est un pays qui a encore une part de sa production électrique au charbon, y utiliser des voitures électriques est plus écologique que la voiture thermique mais engendre quand même beaucoup de pollution de l’air mais moins que la Pologne. L’électricité de la France est très majoritairement décarbonée grâce au nucléaire, donc les voitures électriques en France sont un moyen évident de réduire les émissions de CO2 liées au transport mais cela provoque des déchets nucléaires qui sont très dangereux pour l’environnement et pour nous.

L’utilisation de la voiture électrique

Une généralisation des voitures électriques en Europe demandera d’augmenter la production d’électricité de 20% cela n’est pas impossible mais la difficulté sera de ne pas utiliser des moyens de productions carbonés pour cette augmentation, selon Le Réveilleur nous pouvons venir en aide au réseau électrique si nous utilisons davantage les heures creuses pour recharger les voitures électriques car pendant les heures creuses, l’électricité et plus “verte” parce qu’elle est moins demandée et le réseau moins saturé.

Le recyclage

MAGOU TCHOUPOU Sidoine Duchele et BOTTAGISI Mattéo
20/01/2022

Le recyclage et le gros défaut de la voiture électrique car selon France 24 seulement 5% des batteries de voiture électrique sont recyclées ou obtiennent une deuxième vie, les gérants de centre de recyclage sont très peu informés sur la manière de procéder vis à vis de ces batteries et ne savent pas où elles partent quand elles sont emmenées. Le recyclage de ces batteries permet, selon Le Réveilleur, de réduire leurs impacts et de moins puiser les ressources en métaux rares de la planète mais celui-ci est très gourmand en énergie d’après France 24.

L’avis des français

D’après Nicolas RAFFIN sur 20 minutes, les français savent que la voiture thermique aura une fin plus ou moins proche avec les idées de l’Europe d’interdire la vente de voiture thermique neuve à partir de 2035 or seulement 15% des français choisiraient une voiture électrique et il y a plusieurs raisons à cela, selon cahier français et 20 minutes l’autonomie, la présence de borne et surtout le coût sont des freins au déploiement des voitures électriques.

L’autonomie 

D’après Béatrice Madeline sur cahier français 13% des personnes qui envisagent d’acheter une voiture électrique ne le ferais qu’avec une autonomie de 300km minimum et toutes les voitures électriques n’en sont pas capables, d’après le réveilleur l’autonomie n’est pas un vrai défaut et Béatrice Madeline ne le contredit pas car très peu de personne parcourt plus de 50km par jour, il faut plutôt repenser à notre manière d’utiliser ces voitures car les recharger alors qu’elles possèdent encore 50% de batterie n’a pas de mauvais impact sur elles . Beaucoup de personnes veulent recharger une voiture électrique comme s’ ils faisaient le plein d’une voiture thermique, c’est pour ça que beaucoup veulent une grande autonomie et peu de temps de recharge. Mais on peut recharger notre voiture électrique la nuit pour avoir assez de batterie pour nos trajets quotidiens même si celle-ci n’était pas totalement déchargée.

Les bornes

La quantité de borne actuellement déployée est insuffisante d’après Nicolas Raffin, pour généraliser l’utilisation des voitures électriques car même si cela est moins un problème pour ceux qui peuvent recharger chez eux, beaucoup de personnes ne possèdent pas d’emplacement privé pour leur voiture. D’après Cahier français et 20 minutes il y avait un objectif de déploiement de 100000 bornes de recharge mais cet objectif n’a pas été atteint bien que le nombre de borne ait doublé depuis 2019. Pour plus d’information sur le déploiement des bornes de recharge nous conseillons ce site  

Le coût

A cause de sa batterie, la voiture électrique est plus chère que la voiture thermique. Selon Le Réveilleur elle est moins chère car elle nécessite moins d’entretien et l’électricité et moins chère que le carburant des voitures thermiques mais elle nécessite un investissement de départ qui est supérieur. D’après 20 minutes peu de personnes peuvent sortir plus d’argent pour l’achat de voiture électrique. Il existe des aides de l’État pour la conversion à l’électrique, celle-ci s’élève à 6000 euros mais la voiture électrique coûte 10000 euros plus chère en moyenne à l’achat comparée à son homologue thermique.

Conclusion

Nous pensons que la généralisation de la voiture électrique en Europe est plutôt une bonne idée parce que son électricité n’est pas trop carbonée. La voiture électrique en Europe est une bonne alternative à la voiture thermique car nous pourrons ainsi réduire nos émissions de gaz à effet de serre et notre dépendance au pétrole.

Nos mentalités ont besoin d’évoluer, il faut repenser nos moyens d’utiliser nos transports. Dans les 20 ans à venir, nous devons développer de meilleur moyen de production de nos énergies. Il faut aussi augmenter la part de recyclage des batteries pour moins avoir à extraire les matériaux rares. Cela représente un travail collectif qui est loin d’être impossible car nous participerons tous à l’effort collectif.

BOTTAGISI Mattéo                                                                                                                                  MAGOU TCHOUPOU Sidoine Duchele

 

bibliographie

Le réveilleur. La voiture électrique est-elle écologique ?[vidéo en ligne].YouTube 07/06/2021 [consulté le 27/12/2012]. 1 vidéo 1h17. disponible sur : https://www.youtube.com/watch?v=zjaUqUozwdc

MADELINE Béatrice. Comment va la santé en France ? la documentation française, 2019. 126 pages. Cahier Français (La voiture électrique encore à la peine).

RAFFIN Nicolas. Transport : La voiture électrique, un avenir encore semé d’embûche selon les français 20 minutes [en ligne] 23/11/2021 [consulté 27/12/2021]. disponible sur : https://www.20minutes.fr/economie/3178975-20211123-transports-voiture-electrique-avenir-encore-seme-embuches-selon-francais

DEKIMPE Valérie, BERTSCH Marina, GUGGENHEIM Julia, CALVETTI Romain, IDE Marie-Claire, Antonia KERRIGAN. Voiture électriques : que faire des batteries ? France 24. élément terre [en ligne] 16/07/2021 [consulté le 21/12/2021]. Disponible sur : https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/%C3%A9l%C3%A9ment-terre/20210716-voitures-%C3%A9lectriques-que-faire-des-batteries 

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