L’alimentation locale ; un avenir?

En France, à cause de la concentration de la population en ville, les terres agricoles en périphérie ne suffisaient plus à nourrir la population et les nombreux intermédiaires entre le producteur et le consommateur, dus à la mondialisation, ont créé une distanciation. Cette distanciation du consommateur avec le produit et le producteur a alors engendré une perte de confiance et un besoin de proximité, tant avec le produit qu’avec les producteurs. C’est pour cela que depuis peu de temps, la demande d’aliments locaux explose, il y a de plus en plus de personnes qui souhaiteraient avoir accès à une alimentation locale et durable. Effectivement, d’après La Correspondance de la Publicité, 73% des consommateurs français ont modifié leurs habitudes alimentaires depuis 2018, et 53% se sont tournés vers les produits alimentaires de saison et locaux.

En effet, l’alimentation locale plaît de plus en plus car elle offre la possibilité au consommateur d’avoir des denrées de qualité et respectueuses de l’environnement. Ce qui aide les producteurs locaux, et valorise les petites exploitations, et les produits de saison et régionaux.  Une alimentation locale est donc une alimentation plus durable. Le retour à une alimentation locale permet, par ailleurs, de favoriser les circuits courts en redonnant une proximité avec le producteur et aide à redonner de la valeur aux terres agricoles.

De plus, la crise sanitaire et le changement climatique ont encore plus fait ressentir ce besoin. En effet, la pollution causée par les importations et exportations en France, pousse les consommateurs à changer d’habitude pour se tourner vers quelque chose de plus éthique, tel que consommer des aliments produits près de chez eux. La crise sanitaire, quant à elle, a montré le besoin d’avoir des producteurs locaux en cas de problèmes d’importation.

La demande élevée en produits alimentaires locaux pose donc un problème, il n’y a pas assez de production pour satisfaire les consommateurs.

Un accès pour tous

La plus grande nécessité des produits alimentaires locaux est qu’ils ne doivent pas être exclusifs, mais accessibles à tous.

C’est pour cela que de nombreuses villes tentent de passer au local en cultivant uniquement les terres agricoles en périphérie dans le but de nourrir leur population, comme Montpellier qui a le projet de devenir autonome d’ici 50 ans. De plus, certains restaurants font le choix de passer au local et de s’approvisionner uniquement en produits régionaux et locaux. Et il y a même des applications de commandes pour les produits locaux, permettant un accès sans limite géographique.

Mais pour que les produits locaux soient à portée de main de tous, il faut surtout que les prix soient abordables et que les produits soient également disponibles partout.

Pour accompagner la transition au local, des aides sont mises en œuvre tel que le plan France Relance accompagnant les projets alimentaires territoriaux (PAT), l’Etat a lui aussi mis en place des aides pour soutenir la conversion vers une alimentation locale. Comme pour les projets alimentaires du Centre Val de Loire, où l’Etat a versé 4,25 millions d’euros pour 2020-2021. De plus, il y aussi de nombreux autres projets qui sont déployés en France.

Les Projets en France

Des projets voient le jour pour faciliter l’accès à l’alimentation locale comme la mise en place de PAT (Projets Alimentaires Territoriaux), de conteneurs, d’AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), la valorisation de l’agriculture locale, des consommations saisonnières, une moindre utilisation de pesticides, le développement des circuits-courts et la promotion des petits exploitant agricoles (plus précisément l’agriculture familiale). Ces projets émergent principalement dans les pays développés et petit à petit dans les pays en voie de développement.

Les AMAP

Source : Vous avez un projet d’AMAP? Vous souhaitez intégrer une AMAP? Le serpolet soutien votre projet | Le serpolet – CIVAM Bio

Le principe d’une AMAP est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s’engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance, c’est la vente directe entre le producteur et le consommateur.

Les PAT

Les PAT ont pour objectif de relocaliser l’agriculture et l’alimentation dans les territoires en soutenant l’installation d’agriculteurs, les circuits courts ou les produits locaux dans les cantines scolaires.

Villes autonomes

Les villes, à cause du phénomène de la mondialisation, n’étaient plus autonomes en terme d’alimentation. Mais aujourd’hui, elles le redeviennent de par l’émergence d’initiatives comme de tisser des liens avec l’agriculture de proximité.

Agricool

Les villes mettent également en place des conteneurs pour réinventer l’alimentation locale, c’est le pari Agricool. Il s’agit de cultiver des fruits et légumes dans des conteneurs (sans utiliser de produits chimiques et en consommant moins d’eau) pour ensuite les vendre dans des points de ventes aux alentours, uniquement dans des grandes surfaces pour les rendre accessibles à tous.

Les freins à l’accessibilité

Bien que de nombreux projets pour faciliter l’accès à une alimentation locale en France soient en place, il y a d’autres problèmes qui limitent cet accès.

Tout d’abord, le local a un coût, ce qui limite certains consommateurs, et va uniquement permettre aux classes moyennes et supérieures de consommer local.

Seulement ce coût est lié à la production. En effet, il est nécessaire de relocaliser les terres agricoles, ce qui obligent certaines régions à diminuer ou abandonner leur spécialisation, qui leur donnait un avantage, pour pouvoir exploiter d’autres ressources essentielles à l’alimentation. Etant donné qu’il y a des régions qui sont moins aptes que d’autres à produire certaines denrées alimentaires, elles vont donc avoir des frais de production plus élevés.

Néanmoins, des complications viennent lorsque l’on parle de consommation locale. Certes, bien que le principe soit de se nourrir d’aliments venant de près de chez nous, il nécessite tout de même de faire de plus grande distance pour en trouver. En effet, il implique parfois de se déplacer plus loin que les supermarchés pour trouver des aliments locaux même si ceux-ci proposent des rayons qui en sont uniquement composés. Mais cela reste encore très différent qu’aller directement à la ferme ou dans  un magasin de producteurs. De plus, il est nécessaire de prévoir ses achats à long terme, car le local implique souvent des produits de saison auxquels on peut donc ne pas avoir accès tout le temps.

La crise sanitaire du Covid-19 a causé d’innombrables problèmes sur les marchés alimentaires, créant alors un souci d’accessibilité aux produits alimentaires mondiaux. Ce qui a eu pour conséquence, de pousser les français à se tourner vers une alimentation locale, qui redonne confiance aux consommateurs.

En conclusion

L’alimentation pourrait alors devenir un avenir pour la France, qui permettrait à chacun de consommer autrement, c’est-à-dire plus responsable et plus durable. Mais pour ce faire, il faudrait que l’Etat mette en place plus d’aides et que les projets comme les Amap et les PAT continuent à se développer, afin de favoriser une alimentation locale plus abordable au niveau des prix mais aussi sur le plan géographique. Ce qui rendrait alors le local accessible à un plus grand nombre de Français et permettrait de le faire passer à la norme et donc de faire adopter à chacun une alimentation plus durable, transparente et respectueuse de l’environnement.

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PERNOT Julie

RENAUX Dharma

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